Autant vous prévenir tout de suite : ce billet est celui d'un énervé.
D'un vieux con qui déteste ce temps déshumanisé où l’amour c'est le sexe ; le savoir, l'information. Le dialogue et la culture ? Un échange de citations.
Les adultes sont devenus des enfants dans un monde immanent, matériel. Ils ne veulent uniquement agir que pour vendre ou pour acheter. Ils font preuve d’un individualisme forcené. Ils ne parlent de rien. Ils n'ont plus d'émotions, juste des sensations. Ils savent tout mais ne comprennent rien. Notre société qui pratique le culte de la violence est redevenue primitive (je parle de l'affaire « Le jeu de la mort »). Au nom du bonheur.
• • •
La main froide mais moderne
C'était dans le « Canard enchaîné » il y a 15 jours. Une machine à débiter des articles ! Un appareil qui nous ferait des mots d'esprit. Ça m'a aussitôt engourdit les doigts, rapetissé le clavier, réduit à l'inutile. Je me suis senti tout d'un coup vide. Pire encore : explosé comme le ballon en plastique qu'on crève d'un coup d'épingle.
Pensez-donc ! Un robot qui pourra écrire le même article pour un journal de gauche avec des commentaires différents pour le journal de droite. Et sans fautes. Sans conneries. Parce que, quand même, la connerie, la vraie connerie, la connerie insondable, la connerie inaliénable, ce n'est pas à la machine mais à l'homme qu'on la doit, non ?
Le prêt-à-penser
Parcourez les journaux et les média en ligne, écoutez la radio, regardez la télé : « Maintenant quand il y a des conneries on ne les remarque plus. » (pour paraphraser notre vénéré monarque). Ce sont pourtant encore les hommes qui les sortent. Les articles, les billets des blogs, les formules, les tics de langage, les buzz, les twits... tout se répète, se copie, se recopie. Ça émet les mêmes idées, ça commente avec les mêmes mots, ça débite les mêmes lieux communs, ça résume, ça réduit, ça pitch... Ça veut sa portion d'audience, ça veut figurer dans l'idiomat...
Et on va maintenant remplacer la connerie humaine par l'intelligence artificielle ?
Les larmes d'un crocodile
J'ai aussi retrouvé ma part d'ombre. J'ai tant fait mourir de métiers : typographes, photo-compositeurs, photo-graveurs, ouvriers et hommes de l'art. Je vous laisse imaginer un type de l'Édition qui vient expliquer à ses pairs qu'ils vont bientôt mourir s'il n'achète pas ses machines (c'était aux temps où je bossais pour Apple). Eh bien il y a une justice voyez-vous ? C'est à mon tour maintenant. Illustration du futur du rédacteur par un jeune ostrogoth, cité mot-à-mot, qui vous explique comment voler du contenu pour le revendre ou le publier sous son nom :
Cette technique permet d’avoir pas mal de pages différentes et traitant d’un même sujet en très peu de temps. Cette astuce consiste à réécrire des articles qui existent déjà , ou des parties d’articles différents pour publier régulière des pages de texte sur son site sans être pénalisé par les moteurs de recherche pour motif de « Duplicate Content » (publication d’articles dupliqué). Les articles initiaux peuvent venir de toutes les sources possible et imaginable mais sont communément pris sans permission sur d’autres sites.
Beaucoup de webmasters ne sont pas les rédacteurs de leurs contenus et font écrire leurs textes par des sociétés spécialisé. Des sociétés de rédaction de texte utilise des méthodes manuelle ou automatique, leur permettant de vendre les mêmes articles avec de légères variations à plusieurs clients ou utilise les variantes des articles à des fins multiples, par exemple la publication sur des blogs ou pour la promotion de leurs sites. Il existe un certain nombre de logiciels qui permettent automatiquement de remplacer des mots ou des phrases dans des articles.
Ailleurs, un autre, talentueuse et sympathique crapule (abonné à mes twits d'ailleurs — bonjour, ça va ?), prodigue sur son blog ses conseils pour pirater des textes protégés, les déconstruire pour les republier sous cape. Noire. Comme son chapeau.
Alors ? Voilà que tromper, voler ne suffira plus bientôt. Après les araignées mécaniques : les rédacteurs automatiques.
Allez hop ! Ce soir au lit. Demain en pologne.
C'est ainsi que le chef de la Gestapo « Papa Schulz », interprété par Francis Blanche, s'adressait à son bichon qu'il soupconnait de vouloir séduire BB dans « Babette s'en va t-en guerre ».
Demain je ne serais pas tant à l'est, mais ce soir, c'est certain, ce sera devant Céline ce fou distingué si humain qu'il en était inhumain. Et m'endormir ensuite en me disant que, ça doit être ça : je vieillis et je suis maintenant ce vieux con que le jeune con que j'étais accusait d'être dépassé.
[javascript protected email address]

Commentaires :
Est-ce que c'est abject? Je ne pense pas, c'est le jeu!
Pour ma part, je pense que le contenu original est toujours meilleur, le nerf de la guerre se situe surtout au niveau de notre lisibilité. Je vois très souvent des articles repris : OK ils n'ont pas eu l'effort de l'écrire, mais les retombées sont assez minimes par rapport à l'original, pour peu qu'il aie fait un bon travail de réferencement natureL.
Bien sûr, ça dans un monde idéal. En vrai, on voit la même dépêche AFP reprise sur tout les journaux, est ce que ce n'est pas du content spinning ça aussi?
Les Gratuits ne font à peu près que ça (ou, pas loin) je crois.
Pomper les articles des autres c'est le jeu ? De quel jeu parle-t-on ? Je pige pas trop.
Les retombées d'un article pompé moins d'effet que l'original parce qu'un bon référencement naturel ?
Mais non mais non : c'est fini ça. C'est d'un autre temps.
Aujourd'hui l'impact du contenu sur le référencement s'amoindrit de mois en mois : les réseaux sociaux ont pris le pas....
@ part ça comme je suis dans un jour de bonté et que j'aime le Portugal, voici une belle ancre de lien vers ton site.
Pauvre de nous ! Pauvre monde !
Des machines à écrire des articles !!! Cette affaire m'avait échappée.
Que c'est triste cette société technologique.
Et quelle génération d'abrutis ! Gavés de gadgets branchés inutiles, infoutus de comprendre le présent tant ils sont ignorants (le commentaire au-dessus en est la démonstration).
Il y a des coups de pied au cul qui se perdent.
L'un de mes textes (sur les chats) a été repris intégralement dans 6 sites ! Aucun des sites n'a donné suite à mes demandes de retrait.
Que le web soit un espace de liberté je suis d'accord. Mais comment peut-on se protéger vraiment des pratiques des voleurs ?
Vous aussi avez été victime d'un vol de contenus pour un article sur les chats ? Était-ce une recette de cuisine ? Vous auriez dû donner le lien : j'en suis friand.
Vous rencontrerez chez les BerSZerkers et parfois sur les mondes 3D libres d' Outside un Jocrisse également friand de chats.
A toutes fins utiles, voici son carnet de cuisinier.
Bon appétit, bien sûr :) .
Ça cause d'humain, j'aime bien. C'est une rime pauvre, mais ça le fait bien :)